Amérindiens illustres de l'histoire de la Nouvelle-France


Donnacona (date de naissance inconnue, décédé vers 1539):
C'est en juillet 1534, dans la baie de Gaspé, que l'explorateur français Jacques Cartier entra pour la première fois en contact avec les Amérindiens du continent. Les Français y rencontrèrent une tribu iroquoise originaire de Stadaconé (Québec) qui était venue dans la péninsule pour pêcher. Les relations furent d'abord très amicales, mais lorsque Cartier fit ériger une croix le 24 juillet, le chef Donnacona se montra inquiet. Craignant un conflit, les hommes de Cartier s'emparèrent de son canot et firent monter Donnacona de force à bord de leur navire. Cartier l'invita alors à un festin, le couvra de cadeaux et de gestes d'amitié pour affirmer ses bonnes intentions. Réalisant qu'il aurait besoin d'interprètes lors de sa prochaine visite, Cartier convainquit Donnacona de le laisser ramener avec lui en France ses deux fils, Domagaya et Taignoagny. Le chef accepta et les deux jeunes hommes retournèrent en France avec Cartier pour y apprendre le français.

Les deux fils du chef accompagnèrent Cartier lors de son deuxième voyage en 1535. C'est en grande partie grâce à eux que Cartier découvrit l'entrée du grand fleuve qu'il avait raté l'année précédente. Les deux interprètent le guidèrent jusqu'à Stadaconé dans un pays qu'ils appelaient «Canada». Donnacona et le village accueillirent les voyageurs dans la joie générale. Cartier fit alors connaître ses intentions de naviguer vers l'ouest dans le but de découvrir une potentielle route vers l'Asie. Donnacona se montra très opposé à ce projet, il ne voulait pas que les Français entrent en contact avec les Amérindiens d'Hochelaga (Montréal). Mais ses cadeaux et sa démonstration de sorcellerie n'arrivèrent pas à dissuader le navigateur malouin. À son retour d'Hochelaga, Cartier comprit rapidement qu'il ne pouvait plus faire confiance à ses anciens alliés. Des fortifications furent construites et le chef d'Achelacy (Portneuf) mit Cartier en garde contre les projets de trahison de Donnacona et de ses fils. tableau
Cartier et Donnacona;
l'historique rencontre de deux peuples


Malgré les difficultés diplomatiques, Cartier rencontra Donnacona le 5 novembre et ce dernier lui révéla plusieurs informations intéressantes au sujet du pays. Il lui parla d'un fabuleux royaume nommé «Saguenay»«on y trouve de grandes quantités d'or, de rubis et d'autres richesses (…) où les hommes ont la peau blanche comme en France et portent des vêtements de laine.» Domagaya fut également et à son insu utile aux Français lors de l'épidémie de scorbut en révélant à Cartier la recette d'une concoction d'annedda (cèdre blanc) qui sauva le petit établissement.

Mais la méfiance continua à grandir chez les deux anciens alliés et au printemps de 1536, Donnacona s'absenta quelques temps et fut bientôt de retour avec des gens que les Français n'avaient jamais rencontrés auparavant. Cartier envoya une ambassade que Donnacona refusa de recevoir. Cartier apprit finalement qu'une querelle avait éclaté à Stadaconé entre le chef Donnacona et son rival, Agona. Taignoagny demanda l'aide de Cartier et lui proposa que les Français amènent Agona avec eux en exil. Cartier en décida autrement. Puisque c'est Donnacona et ses fils qui complotaient dans son dos, ce sont eux qui seraient amenés en exil. Affirmant qu'il aiderait Donnacona à se débarasser de son rival, Cartier invita le vieux chef à un festin au cours duquel il s'empara de lui, de ses deux fils et de deux autres Amérindiens influents. Aux habitants de Stadaconé, Cartier expliqua que le chef serait ramené dans douze lunes, couvert de cadeaux, après qu'il ait décrit le royaume du Saguenay au roi François Ier. Rien ne pouvait plus empêcher Agona de devenir chef de la bourgade.

En France, Donnacona et les autres Amérindiens vécurent confortablement, le roi vit à ce que leurs désirs furent comblés. Donnacona fut présenté à François Ier et le vieux chef raconta au monarque français toutes les merveilles qu'il avait vues au Saguenay. Le 25 mars 1539, trois des Amérindiens furent baptisés, on ignore si Donnacona était du nombre. Le vieux chef et les autres Iroquois moururent aux alentours de cette date d'une maladie inconnue. Lors de son retour le 23 août 1541, Cartier expliqua à Agona, qui était toujours chef de Stadaconé, que Donnacona était décédé et que les autres vivaient en seigneurs, s'étaient mariés, et ne désiraient pas revenir. Agona fut tout simplement soulagé d'être bel et bien débarassé de son rival.



Dekanawida (possiblement né vers 1550, décédé vers 1600):
Ce grand chef onondaga est une figure légendaire qui, selon toute vraisemblance, est inspirée d'un homme qui a vraiment existé. Dekanawida (son nom signifie «Deux Rivières qui se rencontrent») serait né de parents hurons dans un village situé près de l'actuelle ville de Kingston en Ontario. Selon la légende, sa mère eut une vision qui l'informa qu'elle était enceinte d'un fils et que celui-ci causerait indirectement la ruine de son peuple. La mère et la grand-mère tentèrent de noyer le nourrisson dans les eaux glacés du lac, sans succès.

Devenu adulte, il quitta sa famille et voyagea vers le sud pour aller vivre parmi les Iroquois. Il rencontra un homme très charismatique nommé Hiawatha et les deux hommes décidèrent d'organiser une alliance des peuples Iroquois; les Agniers, (Mohawks), les Onneitouts, les Onontagués, les Goyogouins et les Tsonnontouans. Le but de cette alliance était d'établir un climat de paix dans la région qui est maintenant l'état de New York. Dekanawida aurait d'ailleurs dit: «Moi, Dekanawida et les chefs confédérés, déracinont le plus grand pin et dans la cavité ainsi créée nous jetons toutes nos armes de guerre (…) nous les enterrons hors de notre vue et replantons l'arbre. Ainsi, la Grande Paix est établie.» La confédération iroquoise est l'entité politique la plus sophistiquée et la plus démocratique qui existait à l'époque dans tout le nord-est de l'Amérique. Malheureusement, après la mort de Dekanawida, l'ancienne prophétie se réalisa et la nation huronne fut massacrée par les Iroquois en 1649.



Savignon (dates de naissance et de décès inconnues):
Lors de son historique retour d'Iroquoisie en juin 1610, Samuel de Champlain rencontra près de la rivière Richelieu un groupe d'Amérindiens hurons et algonquins qui étaient sous la direction des chefs Iroquet et Outchetaguin. À la demande des deux chefs, Champlain accepta d'emmener avec lui en France un jeune huron du nom de Savignon. En échange, Champlain confia un jeune Français (possiblement Étienne Brûlé) aux Algonquins afin que ceux-ci lui apprenent leur langue, leurs coutumes et la géographie de leur pays. Savignon, de la même façon, apprendrait le français et serait en mesure de décrire la France à ses compatriotes. Champlain espérait ainsi former des interprètes qui seraient utiles dans les relations entre la France et les peuples de la vallée du Saint-Laurent.

Après un court séjour en France, Savignon revint au pays avec Champlain en 1611. Il fut envoyé en direction des rapides (de Lachine) à la rencontre des Hurons et des Algonquins qui y étaient attendus. Sur le chemin du retour, aux alentours de l'Île-aux-Hérons, il échappa de justesse à la mort lorsque son canot se retrouva prisonnier d'un tourbillon. Deux de ses compagnons, un jeune Français du nom de Louis et Outetoucos, un chef montagnais, perdirent la vie lors de l'incident. C'est de là que les rapides du Sault-Saint-Louis prennent leur nom. Peu après, les Hurons arrivèrent en compagnie des chefs Outchetaguin et Iroquet ainsi que Tregouaroti, le frère de Savignon. Ils furent accueillis avec tous les honneurs, sous l'écho des salves de mousquets, d'arquebuses et de canons. Savignon donna un récit très favorable de son séjour en France et Champlain fut tout aussi satisfait de ce que lui rapporta le jeune Français qui était revenu avec Iroquet. Savignon, à regrets, fit alors ses adieux à Champlain avec qui il s'était lié d'amitié et reprit le chemin de son pays. Pour Champlain, il s'agissait plutôt d'un grand soulagement puisqu'il n'avait dès lors plus la responsabilité du bien-être du jeune homme. En effet, s'il lui était arrivé malheur, cela aurait eu de graves conséquences diplomatiques.



Atironta, premier du nom (dates de naissance et de décès inconnues):
Atironta était l'un des principaux chefs de la tribu Ahrendarrhonon (la pierre) de la nation huronne. Il résidait dans le village de Cahiagué (près de l'actuelle ville de Hawkestone en Ontario). Comme c'était coutume à l'époque, son nom fut ressuscité après sa mort et perpétré par au moins deux autres chefs amérindiens importants. Selon le père Paul Le Jeune qui assista à la cérémonie de résurrection du nom pour un nouveau chef en 1642, Atironta (l'original) aurait été le premier Amérindien à entrer en contact avec Champlain et les Français dans le fleuve Saint-Laurent en 1609. Il serait donc l'un des principaux responsables de la grande alliance entre Hurons, Algonquins et Français.

Plus que des alliés, Atironta et Champlain auraient été de grands amis. Ils participèrent tous les deux à l'attaque d'un village iroquois par un groupe de Hurons et d'Algonquins en 1615. Pendant le voyage de retour qui dura 38 jours, Atironta et Champlain partagèrent cabane, provisions et meubles. Lors de leur retour à Cahiagué, ils trouvèrent le village en conflit avec un groupe d'Algonquins dirigés par Iroquet qui passait l'hiver tout près. Champlain joua le rôle de médiateur dans le conflit et reçut sans aucun doute l'aide d'Atironta. Pendant l'été de 1616, Champlain invita Atironta à Québec et le traita comme un hôte des plus distingués. Atironta admirait le mode de vie des Français et recommenda à Champlain qu'un nouvel établissement soit construit près des rapides (de Lachine) où les Français et les Indiens pourraient vivre comme des frères. Champlain trouva l'idée excellente et promit d'y donner suite. Atironta aurait-il donc été le premier à suggérer la construction d'un établissement français sur l'île de Montréal?



Thérèse Oionhaton (née vers 1629, date de décès inconnue):
C'est en 1640 que la petite huronne Oionhaton arriva à Québec en compagnie de son oncle, Joseph Teondechoren. Ce dernier avait décidé de confier sa nièce à Marie de l'Incarnation et aux Ursulines de Québec. C'était également le souhait de Joseph Chiwatenha, un autre oncle d'Oionhaton qui avait été tué par les Iroquois la même année. La petite Oionhaton, baptisée Thérèse, se montra une élève intéressée et dévote. Elle parla souvent de religion à des Hurons qui étaient de passage à Québec. Après deux ans chez les Ursulines, on lui donna tout ce dont elle aurait besoin pour se marier et la petite reprit le chemin de la Huronie.

Le convoi qui devait la ramener en Huronie comptait plusieurs des plus courageux guerriers hurons de l'époque; Ahatsistari, Totiri, Tsondatsaa ainsi que deux oncles de Thérèse, l'un d'eux étant Teondechoren. Les voyageurs etaient également accompagnés par trois Français; les pères Isaac Jogues et René Goupil ainsi que Guillaume Cousture. À Trois-Rivières, Thérèse écrivit une brève et touchante note à la mère supérieure du couvent pour la remercier. Les autres Amérindiens s'émerveillèrent de voir l'une des leurs lire et écrire.

Malheureusement, le voyage ne se déroula pas comme prévu. Peu après leur départ de Trois-Rivières, les voyageurs furent embusqués et attaqués par un groupe de guerriers mohawks. Les survivants furent faits prisonniers et amenés en Iroquoisie. Les captifs furent sévèrement battus et torturés, recevant chacun «autant de coups de bâtons qu'il y avait d'Iroquois». Deux jeunes enfants et Thérèse furent toutefois épargnés.

Dans les années suivantes, les autorités françaises, à la demande des Ursulines, multiplièrent leurs efforts pour la libération de la petite Thérèse. Le 18 mai 1646, le père Jogues et Jean Bourdon furent envoyés comme ambassadeurs en Iroquoisie et c'est à cette occasion qu'ils rencontrèrent Thérèse parmi un groupe de pêcheurs iroquois. Jogues et Oionhaton dicutèrent et celle-ci lui révéla qu'elle gardait la foi et disait son chapelet à tous les jours. Jogues l'encouragea, lui expliqua que Montmagny et les Algonquins faisaient tout ce qu'ils pouvaient pour qu'elle soit délivrée. Avant que Jogues termine les négociations, les Mohawks donnèrent Thérèse en mariage à un Onondaga. Jogues arriva tout de même à leur faire promettre qu'elle serait libérée lors de son retour au village.

En 1654, le père Simon Le Moyne rencontra à son tour Thérèse qui vivait dans une cabane à l'écart du village onondaga. Il écrivit qu'elle avait des enfants et qu'elle élevait sa famille en toute quiétude. En 1655, elle voyagea une distance considérable avec un bébé dans les bras pour venir saluer les Jésuites. Elle rencontra les pères Chaumonot et Dablon et ils furent, selon toute évidence, les derniers Français à la rencontrer.



Pieskaret (vécut au milieu du XVIIe siècle):
Pieskaret, le Loup Solitaire, était un chef algonquin et une véritable légende vivante en Nouvelle-France. Il se serait infiltré seul en Iroquoisie et se serait caché dans un tas de bois, près d'un village iroquois. Pendant une première nuit, il aurait pénétré dans une maison longue et en aurait massacré tous les occupants dans leur sommeil. La nuit suivante, il aurait recommencé dans une seconde maison longue, avant de retourner se cacher dans la pile de bois. La troisième nuit, il trouva plusiseurs guerriers postés en sentinelles dans le village iroquois. Il en tua un, puis s'enfuit, le reste des Iroquois à ses trousses. Après plusieurs heures de poursuite, ils abandonnèrent la chasse, épuisés. Pieskaret les tua dans leur sommeil, eux aussi. Un bon nombre de ces excursions firent de Pieskaret un des hommes les plus craints en Iroquoisie. En 1647, alors qu'il chassait seul dans les environs de Trois-Rivières, il rencontra trois Iroquois qui brandissaient un drapeau de paix. Pieskaret discuta avec les hommes et leur parla de deux villages algonquins (situés près de la présente ville de Nicolet). Un des Iroquois surprit alors Pieskaret par derrière et le tua. Ces hommes étaient des éclaireurs pour une véritable armée de 1000 guerriers iroquois. À l'aube, le lendemain, ils attaquèrent les villages algonquins. Le peuple de Pieskaret fut presque entièrement massacré, les survivants furent réduits à l'esclavage. Tout cela parce que, juste une fois, Pieskaret avait fait confiance à un Iroquois.



Daniel Garakonthie (né vers 1600, décédé en 1676):
Son nom vient de l'iroquois «gara kontie» ce qui signifie «Soleil qui bouge». Né à Onondaga, ce chef iroquois se démarqua radicalement de ses compatriotes par son amitié à l'égard des Français. En 1654, il vivait à Montréal depuis déjà plusieurs années. Il se montrait très intéressé par les coutumes et la religion des Français. Il plaida en faveur des Jésuites auprès de son peuple, il accueillit même le père Simon LeMoyne dans le village en convertissant sa propre cabane en chapelle. Il participa à plusieurs mission d'échange de prisonniers et permit ainsi la libération d'au moins 60 prisonniers amérindiens. En 1662, il mit fin à lui seul aux machinations d'un groupe de guerriers qui désiraient assassiner le père LeMoyne. Cinq ans plus tard, Garakonthie choisit de devenir chrétien en se faisant baptiser à la cathédrale de Québec, choisissant le prénom «Daniel». Il fut très critiqué par plusieurs membres de sa tribu mais il demeura un chef influent grâce à ses talents d'orateur. Plusieurs années plus tard, le vieux chef Garakonthie organisa un grand banquet pendant lequel il exhorta ses compatriotes à adopter les coutumes et la religion des Français. Il ajouta que la quête de l'éducation et le rejet de l'alcool étaient la clé de leur survie comme peuple. Il mourut dans son village d'Onondaga en 1676 et reçut des funérailles chrétiennes.



Eustache Ahatsistari: cliquez ici pour plus d'informations sur le brave guerrier Eustache Ahatsistari.



Adario (né vers 1650, décédé en 1701):
Également connu sous le nom «Kondiaronk» ou «Sastaretsi» (le Rat), Adario était un chef tionantati (huron) important et bien connu dans la région de Montréal. En 1688, il accepta d'être à la tête d'une future expédition française contre ses ennemis héréditaires; les Iroquois. Il fut abasourdi d'apprendre plus tard que les Français étaient en train de négocier une grande paix avec les Iroquois et que ces derniers étaient sur le point d'envoyer des représentants à Montréal pour conclure le traité. Adario décida de tendre une embuscade et de capturer les diplomates iroquois avant que ceux-ci atteignent Montréal.

Les Iroquois furent capturés après une courte escarmouche pendant laquelle un guerrier huron perdit la vie. Adario déclara à ses prisonniers iroquois que les Français lui avaient ordonné de leur tendre une embuscade et de les assassiner. Puis, dans une acte de «générosité», il décida de les laisser repartir sains et saufs. Outrés de ce qu'ils crurent être une trahison de la part des Français, les Iroquois planifièrent leur revanche. Le 25 août 1689, 1200 guerriers Iroquois assiégèrent Lachine. Les habitants qui croyaient la paix imminente, furent totalement pris par surprise. Des centaines d'habitants furent massacrés ou faits prisonniers. La ville fut presque entièrement brûlée. La complicité d'Adario dans ce drame demeura inconnue des autorités françaises.

Plusieurs années plus tard, Adario fut nommé à la tête d'une délégation de chefs hurons qui se rendit à Montréal pour négocier la Grande Paix de 1701. Il mourut à Montréal cette année-là et fut enterré avec tous les honneurs militaires dans le cimetière de Montréal, sa duplicité sans le carnage de 1689 à Lachine demeura secrète pendant encore plusieurs années.



Pontiac: cliquez ici pour une biographie complète du chef Pontiac.



Kateri Tekakwitha (1656-1680):
Née à Gandawague (près de l'actuelle ville de Fonda dans l'état de New York), elle était la fille d'un père mohawk et d'une mère algonquine chrétienne. Quelques années avant sa naissance, sa mère avait été capturée par les Iroquois et avait épousé un des chefs de la tribu. Sa mère lui donne le nom de «Clarté-du-Ciel» et lui enseigne la religion chrétienne en cachette. Pendant son enfance, ses parent et son jeune frère moururent lors d'une épidémie de variole et bien que la maladie lui laissa de terribles cicatrices au visage et affectèrent sa vue, la petite fille survécut. Elle fut adoptée par son oncle, un chef mohawk influent, mais la petite est traitée en esclave. On la surnomme «Tekakwitha», qui signifie en iroquois «celle qui avance en hésitant». Enfant solitaire, elle se lia d'amitié avec les missionnaires Jésuites. Le dimanche de Pâques 1635, elle fut baptisée et choisit le prénom Kateri (Catherine) au grand déplaisir de son oncle. Kateri


Rejetée par sa tribu, elle choisit l'exil en 1677. Elle voyagea 200 milles en canot pour aller rejoindre une colonie chrétienne d'Amérindiens à Sault-Saint-Louis, tout près de Montréal. Pieuse et ascète, elle choisit la vie de religieuse. Ses projets d'établir un couvent sur une île dans le Saint-Laurent furent rejetés par les autorités religieuses de la colonie. Sa dévotion et sa piété la poussèrent à convaincre une de ses amies de la flageller à tous les dimanches pendant un an (il s'agissait d'une pratique courante chez les religieux et religieuses de l'époque). La frêle jeune fille insista pour que la flagellation continue et elle mourut finalement de ses blessures le 17 avril 1680, à l'âge de 24 ans. Celle qu'on surnommait en Nouvelle-France «La Lys des Mohawks» fut enterrée à La Prairie, sur la rive sud de Montréal. Dans les siècles depuis sa mort, plusieurs personnes racontent avoir eu des visions ou avoir été guéries par Tekakwitha. Son nom fut présenté au Vatican pour la canonisation en 1884 et en 1932.


Prélude - Avant le Québec

Les Peuples Amérindiens

Histoire de la Nouvelle-France

Retour à la page principale

Plan du site