LES GAULOIS


Si la grande majorité des Québécois actuels ont pour ancêtres des Français, il est généralement accepté que ceux-ci descendent à leur tour d'une ancienne civilisation disparue… celle des Gaulois. Cela fait donc d'eux les ancêtres de nos ancêtres! Peuple celte qui habitait la Gaule (ancien nom de la France) jusqu'à la conquête romaine, les Gaulois n'écrivaient pas et donc leur histoire et leur culture demeurent mystérieuses et méconnues.

Nous les connaissons souvent à travers les commentaires très peu objectifs des étrangers qui les rencontrent (le plus souvent des Grecs et des Romains). Voici, en guise d'exemple, la description plutôt biaisée de Diodore de Sicile, telle qu'il l'écrit, au premier siècle avant Jésus-Christ: «Physiquement, les Celtes ont une apparence terrifiante, une voix rude et caverneuse. Ils utilisent peu de mots dans leurs conversations et parlent par énigmes, se contentant le plus souvent d'allusions qui laissent beaucoup à deviner. Ils pratiquent souvent l'exagération dans le but d'exalter leurs propres mérites et de diminuer ceux des autres. Ce sont des vantards qui ont la menace à la bouche et se font des chantres plein d'emphase de leurs propres exploits. Ils ont pourtant l'esprit vif et montrent un don naturel pour l'étude. Ils ont des poètes lyriques qu'ils appellent bardes et qui chantent, en s'accompagnant d'instruments qui ressemblent à des lyres, tantôt des dithyrambes, tantôt des satires.»

LES ORIGINES

Les populations celtes font leur apparition en Europe de l'Ouest entre 1600 et 1300 avant notre ère. Elles seraient originaires de la région bavaroise, dans la présente Allemagne du Sud. Les territoires où ces nouveaux arrivants viennent s'installer ne sont pas inoccupés. Leurs prédécesseurs sont probablement de paisibles agriculteurs. Les populations nouvelles et anciennes se mélangent. Les Celtes s'étendent à l'Ouest jusqu'en Espagne (les Ibères) et au Nord jusqu'à l'île de Grande-Bretagne (les Bretons, les Scots et les Pictes). Finalement, au IVe siècle avant J.-C., les Belges s'installent le long de la Manche.

La Gaule, elle, n'est pas occupée par un seul peuple homogène, mais plutôt par une soixantaine de tribus gauloises. Au Sud on retrouve les Ligures, les Bituriges et les Volques; au centre les Arvernes, les Éduens et les Lingons; au Nord les Sénons, les Carnutes et les Parisii (ou Parisiens), pour ne nommer que ceux-là. C'est dans la Gaule centrale que se retrouvaient les peuples les plus puissants et les plus organisés. La maîtrise de la technologie du fer et la construction de lourdes épées à doubles tranchants par les Celtes assurent leur domination des nouveaux pays. On sait de ces premiers Celtes qu'ils formaient des sociétés aux valeurs guerrières. Ils étaient également de grands amateurs de bijoux. Le torque, sorte de collier en or, était leur apparat de prédilection (il est bien visible sur la statuette plus bas).

VIe siècle av. J.-C.: Les centres aristocratiques et économiques des Celtes s'étendent. Plusieurs bourgs gaulois correspondent à des villes françaises actuelles comme par exemple Lutèce (Paris), Autricum (Chartres), Burdigala (Bordeaux), Avaricum (Bourges) ou Cenabum (Orléans). Le commerce avec la Grèce et l'Italie était très important. Des fouilles archéologiques ont révélé de grandes quantités d'amphores qui avaient contenu du vin et de l'huile.

Ve siècle av. J.-C.: L'Armorique entre dans l'orbite celtique. Le breton armoricain est aujourd'hui la seule langue celtique encore parlée en Europe continentale.

LA VIE RELIGIEUSE

À la tête de la société gauloise se trouvait une classe de lettrés, des gens respectés par toutes les tribus pour leur sagesse et leurs pouvoirs surnaturels: les druides. Ce mot provient d'un terme qui signifie sagesse du chêne. Jules César décrit ainsi ces prêtres mystiques: «Les druides prennent en charge le culte des dieux; ils procèdent aux sacrifices publics et privés et font autorité en matière de religion. Un grand nombre de jeunes gens s'assemblent autour d'eux pour recevoir leurs enseignements et les tiennent en haute considération. Car c'est eux qui statuent sur presque toutes les contestations publiques et privées; si un meurtre ou un crime a été commis, si des différends naissent des héritages et partages de propriétés, ce sont eux qui jugent et fixent les dédommagements et les peines. Lorsqu'un individu ou une tribu refuse de se plier à leurs décisions, ils les excluent de toute participation aux sacrifices. C'est la peine la plus sévère.»

César ajoute encore: «Les druides sont généralement dispensés de faire la guerre; ils ne paient pas d'impôts; ils sont exemptés du service militaire et dégagés des autres obligations. Attirés par ces avantages, beaucoup les rejoignent de leur propre chef, ou bien sont envoyés par leur famille. On dit qu'ils apprennent par cœur un nombre incalculable de vers et certains d'entre eux poursuivent leurs études pendant vingt ans. Les druides refusent de mettre par écrit leur savoir, ce qui ne les empêche pas d'utiliser par ailleurs l'alphabet grec, dans leurs rapports privés et publics, par exemple.»

cérémonie druidique
La cueillette du gui, gravure du XIXe siècle
Pline l'Ancien est un des rares auteurs à décrire, dans son Histoire naturelle, le déroulement d'une cérémonie druidique: «Ils préparaient sous l'arbre un sacrifice rituel et un festin et conduisaient au sanctuaire deux taureaux blancs dont les cornes sont entravées pour la première fois. Un prêtre vêtu de blanc monte dans l'arbre et coupe à l'aide d'une serpe d'or le gui que l'on recueille dans un linge blanc.» Au sujet des sacrifices, Strabon écrit: «Il existe de nombreux récits de leurs sacrifices humains; ils avaient coutume d'abattre leurs victimes à coups de flèches et de les empaler dans leurs temples; ils confectionnaient aussi de grands mannequins de paille et de bois, y jetaient du bétail des animaux sauvages et des êtres humains et offraient un sacrifice en y mettant le feu.» S'agit-il d'une description exacte ou de rumeurs véhiculées par leurs ennemis afin de les faire passer pour des "barbares"?


Il semble également que, pour les Gaulois, le culte de la tête humaine était d'une grande importance. Diodore de Sicile écrit à ce sujet: «Ils embaument les têtes de leurs ennemis les plus célèbres dans l'huile de cèdre et les conservent soigneusement dans des coffres. Ils les montrent avec orgueil aux étrangers, en leur racontant qu'un de leurs ancêtres refusa de céder telle ou telle tête contre une imposante somme d'argent.» On rapporte également que certains cavaliers gaulois attachaient des têtes d'ennemis aux cous de leurs chevaux. Paul Jacobsthal ajoute: «Les Celtes vénéraient la tête humaine par-dessus tout; elle était pour eux la demeure de l'âme, de la vie, le symbole de la divinité et des pouvoirs de l'autre monde.»

LES ARMÉES GAULOISES

Les Gaulois avaient la réputation d'être de braves et féroces guerriers. Les premiers guerriers gaulois connus allaient à la guerre presque complètement nus. Diodore de Sicile décrit ainsi l'équipement du guerrier: «Il porte une longue épée fixée au côté droit, un long bouclier, des lances de dimension analogue, et un madaris, qui est une sorte de javeline. (…) Ils portent sur la tête des casques de bronze surmontés de hauts cimiers qui les font paraître gigantesques. Dans certains cas, ce sont des cornes fixées sur le casque; dans d'autres, il s'agit de figures en relief, d'oiseaux ou d'avant-trains de quadrupèdes.» Strabon ajoute: «Ils portent des boucliers de la taille d'un homme, tous différents. Certains sont brillamment décorés d'animaux de bronze en relief qui leur servent à la fois de défense et d'ornementation.»

Il semble que, dans la tradition gauloise, les batailles permettaient aux tribus d'extérioriser leurs querelles sans grande effusion de sang. Elles étaient l'occasion pour quelques duels de champions et les druides intervenaient souvent pour empêcher les batailles à grande échelle. Diodore de Sicile offre cette fascinante description d'une bataille: «Une fois que les armées sont alignées en position de combat, ils ont coutume de s'avancer hors des rangs et de provoquer en combat singulier les plus braves de leurs adversaires, tout en brandissant leurs armes pour frapper l'ennemi de terreur. Et lorsqu'un champion accepte leur défi, ils récitent à haute voix les prouesses de leurs ancêtres, proclamant leur propre bravoure, tout en insultant et dénigrant leur adversaire, essayant en un mot de les décourager à l'avance.» Au sujet de l'intervention des druides, il écrit encore: «Alors que les armées s'approchent l'une de l'autre en ordre de bataille, que les soldats ont tiré leurs épées et pointent leurs lances en avant, prêts à charger, ces hommes s'avancent au-devant des guerriers et arrêtent le conflit, comme s'ils avaient envoûté des sortes de bêtes féroces.»
statuette
Statuette d'un guerrier gaulois, datant du IIe ou Ier siècle avant J.-C., découverte au Danemark.


Les batailles contre les Romains changeront ces anciennes traditions de combats ritualisés. Pour ces armées d'Italie, la bataille générale est inévitable et elle seule peut clairement identifier les vainqueurs des vaincus. Mais, comme l'écrit l'historien Polybe, la vue des guerriers celtes ne manque pas d'impressionner les légions romaines: «Ils étaient terrifiés par l'ordre parfait des troupes celtiques et l'effroyable tintamarre, car les sonneurs de cors et de trompettes étaient en nombre illimité, et l'armée toute entière poussait en chœur son cri de guerre; cela faisait un tel vacarme que tout le pays alentour semblait disposer d'une voix pour répéter ce cri. L'aspect et les mouvements des guerriers nus qui les affrontaient les remplissaient de terreur; ces hommes bien bâtis étaient tous dans la force de l'âge, et les chefs portaient de somptueux torques et bracelets d'or.»

LA VIE POLITIQUE

Les Gaulois, considérés comme des barbares sauvages par leurs voisins méditerranéens, constituaient en réalité une civilisation organisée et complexe. Les institutions politiques variaient d'une cité à l'autre, mais la constitution des Éduens nous démontre bien que les Gaulois possédaient une expérience politique avancée. À la tête de la cité était un magistrat suprême qui portait le titre de vergobret. Il cumulait les pouvoirs exécutifs et judiciaires et avait droit de vie ou de mort sur ses concitoyens. Il existait également une magistrature civile élue dont le rôle était de prévenir tout abus de pouvoir par le vergobret. En temps de guerre, on nommait un chef spécial car le vergobret ne pouvait commander l'armée. Enfin, un frère ne pouvait succéder à un frère, sauf dans le cas de mort du premier. Cette mesure leur permettait d'éviter qu'une famille exerce un pouvoir tyrannique sur la cité. Ces précautions démontrent bien que les Gaulois craignaient et souhaitaient éviter à tout prix la monarchie absolue.

LES CONQUÊTES

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Le Brenne et sa part, tableau de Paul Jasmin, XIXe siècle.
IVe siècle av. J.-C.: Au début de ce siècle, environ 300 000 Celtes envahissent l'Italie. Mais si les textes antiques ne nous parlent que de batailles entre Celtes, mercenaires gaulois et Romains, l'archéologie nous révèle un aspect plus paisible de cette invasion. Des découvertes tracent plutôt le portrait de nouveaux venus qui s'intègrent parfaitement à la vie italienne et d'une véritable symbiose entre les cultures celte et italique. Les Romains nomment ces nouveaux venus les "galli" (ou Gaulois), mot qui fait référence au coq (gallus), animal caractéristique des Celtes établis en Gaule cisalpine (Italie du Nord).

386 av. J.-C.: Les Gaulois, en bonne partie des Sénons, s'enfoncent toujours plus profondément en Italie. Après le siège de Clusium (Chiusi), l'expédition marche ensuite sur Rome. L'armée romaine est défaite au confluent de l'Allia et du Tibre, à quelques kilomètres de la Ville Éternelle, puis la ville est dévastée et incendiée par les Gaulois qui l'occupent pendant sept mois. Brennus, le héros conquérant, exige une rançon de mille livres d'or avant de quitter la ville. Mais les poids qui servent à peser le butin sont pipés et lorsqu'un tribun romain les refuse, Brennus jette insolemment son épée parmi les poids de la balance et s'exclame: «Vae victis!» (Malheur aux vaincus!) Il s'agit de la plus grande humiliation de l'histoire romaine.

Tite-Live écrit dans son histoire de Rome: «Trouvant clos tous les logis des plébiens et grands ouverts les atriums des nobles, ils hésitaient presque plus à envahir les maisons ouvertes que les autres: car ils éprouvaient une sorte de vénération à voir, assis dans leurs vestibules, ces personnages à qui leur costume conférait une grandeur plus qu'humaine […]. Ils auraient pu être des statues dans un sanctuaire, et devant eux les Gaulois se tenaient un instant médusés. Soudain l'un d'eux, un certain Marcus Papirius, à qui un guerrier avait touché la barbe […] lui donna sur la tête un coup de son bâton d'ivoire, déclenchant du même coup sa colère. Il fut massacré, avec tous ceux qui se tenaient assis. Les Gaulois pillèrent les maisons et, après les avoir vidées, y mirent le feu.»

-385: Après le sac de Rome, les Sénons s'installent le long de la côte Adriatique, près de l'actuelle ville d'Ancône. Plusieurs mercenaires celtes se mélangent alors aux conflits méditerranéens. Ils s'associent entre autres au roi Denys Ier de Syracuse pour attaquer les Étrusques.
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Le sac de Rome par les Gaulois, tableau de Paul Jasmin, XIXe siècle.


-349: Des découvertes archéologiques datant de cette époque permettent de confirmer la présence des Gaulois jusqu'au Sud de l'Italie.

-335: Une délégation de Celtes rencontre Alexandre le Grand au confluent du Danube et de la Morava. Il y a échange de cadeaux, suite à quoi Alexandre demande à ses interlocuteurs ce qu'ils redoutent le plus chez les hommes, espérant bien que son nom soit connu et craint en pays celtique. Les Celtes répondent toutefois qu'ils ne craignent rien, si ce n'est de voir un jour le ciel tomber sur eux!

-283: Les Romains ont leur revanche. Cette année-là, les Sénons sont vaincus définitivement et leurs territoires redistribués. En -249, les Boiens (de Bohême) demandent l'aide des Gaulois transalpins pour résister aux Romains, mais ils sont tout de même défaits lors d'un terrible affrontement, en -225. La guerre se termine en -222 avec la prise de Milan, capitale de la tribu celte des Insubres.

-280: Après la mort d'Alexandre, les Celtes conquièrent la Macédoine.

-279: Le chef Brennos profite de l'ouverture pour fondre vers la Grèce. Leur avancée est ralentie par plusieurs combats qui coûtent la vie à un grand nombre d'hommes. Brennos lance enfin un raid sur Delphes. C'est un désastre. Une légende raconte qu'Apollon lui-même serait apparu pour empêcher les barbares de piller son temple. D'autres légendes racontent que des trésors fabuleux furent emportés jusqu'en Gaule. Brennos, blessé dans la mêlée, se suicide.

-277: Les derniers Celtes qui restent sont défaits en Thrace par Antigonos Gonatas. Ainsi s'achève l'invasion celtique de la Grèce.

L'INVASION ROMAINE

-133: Après 70 ans de résistance, les Romains soumettent et assimilent complètement les Celtes cisalpins et rattachent la péninsule ibérique (l'Espagne) à l'empire romain.

-122: Bituit, à la tête de 300 000 Arvernes, est battu par l'armée romaine, qui instaure ensuite une nouvelle province romaine, la Provincia (Provence). Des colons romains s'installent en Gaule.

-113: Des tribus germaniques d'Allemagne attaquent la Gaule. Ils sont repoussés par les Boiens, mais la Gaule sort de cette épreuve épuisée et ruinée.

LA GUERRE DES GAULES

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Statue de Vercingétorix de Millet, en Bourgogne
-60: Face à une nouvelle invasion des tribus germaniques (les Suèves et les Daces), les Éduens sollicitent l'appui de Rome pour résister à l'envahisseur. Jules César, proconsul de la Provincia, profite de l'invitation pour pénétrer en Gaule avec ses armées. Il repousse les Suèves de l'Alsace en -58. Maintenant qu'il a pris pied en Gaule, César décide d'y rester. Il a besoin de glorieuses conquêtes pour asseoir sa position politique à Rome. Sans provocation, il engage une campagne contre les Belges, qui sont battus sur l'Aisne. César envoie ensuite ses légions en Armorique pour soumettre les peuples maritimes, décimer leur flotte et isoler la Gaule du Centre.

-54: Les Belges se révoltent sous leur chef, Ambiorix. La rébellion s'organise chez les Carnutes, les Sénons et les Éburons. Les Carnutes proposent de déclarer la guerre nationale. Dans leur forêt sacrée se réunit l'assemblée des druides qui prédisent que la guerre sacrée connaîtra le succès. Un prince arverne est choisi comme chef, il s'agit de Vercingétorix (dont le nom signifie grand roi des braves). Dès qu'il est élu, il entreprend de se rallier la majeure partie de la Gaule centrale et de l'Armorique et d'organiser un grand soulèvement. Vercingétorix lance une attaque contre la Provincia, afin de couper la communication entre les Romains en Gaule et l'Italie. L'attaque est un échec et Vercingétorix doit se replier au pays Arverne.

-52: Les Romains assiègent Avaricum (Bourges). Les Biturges refusent d'appliquer la technique de la terre brûlée et de sacrifier leur ville, tel que l'avait demandé Vercingétorix. Malgré une résistance héroïque, la ville est vaincue et 40 000 habitants périssent. Ce désastre sert de leçon et l'autorité de Vercingétorix est raffermie.


César entreprend alors le siège de la principale citadelle gauloise, Gergovie, située sur le mont Auxois. Les Éduens, ses alliés de toujours, le trahissent et massacrent tous les Romains implantés dans leur territoire. César se replie sur la Provincia.

LES DERNIERS JOURS

Au seuil de la victoire, Vercingétorix commet alors une grave erreur. Il envoie trois corps de sa cavalerie pour harceler les Romains en retraite, mais l'armée expérimentée de César les attend de pied ferme, renforcée par des mercenaires germains. C'est bientôt la cavalerie qui est pourchassée par César jusqu'au camp de Vercingétorix, Alésia. Ce dernier s'enferme dans Alésia avec ses 80 000 guerriers et attend des renforts. Les Romains construisent un réseau de lignes de défense autour de la citadelle, ce qui empêche les assiégés de sortir et les renforts de rentrer. Plusieurs combats désespérés s'engagent, les troupes gauloises sont mises en déroute. Vercingétorix, graduellement abandonné de ses alliés, doit capituler, le 27 septembre de l'an 52 avant Jésus-Christ. C'est la fin de la Gaule libre et de l'empire celte d'Europe.

LA CAPITULATION

La scène est entrée dans la légende. Monté sur son cheval, Vercingétorix franchit au galop l'intervalle des deux camps. Il décrit, par la droite, un cercle autour du vainqueur puis, sans un mot, jette ses armes au pieds de César, médusé. Le chef arverne s'offre ainsi en victime expiatoire, pour atténuer le malheur de ses compatriotes. Il sera enchaîné et amené à Rome comme prisonnier, pour finalement être mystérieusement étranglé dans sa prison.

La révolte gauloise n'est pas entièrement matée, mais les grandes batailles sont terminées. Ce n'est qu'à la fin de l'an 51 avant J.-C. que la guerre des Gaules est officiellement terminée. L'historien grec Plutarque parle d'un million de prisonniers et d'un million de morts du côté gaulois.
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Vercingétorix jette ses armes devant César, tableau de L.Royer, 1888.


LA ROMANISATION

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Gaulois mourant, statue de marbre, Musée Lapitolini, Rome.
La conquête romaine entraîne une romanisation des pays celtes. Les langues celtes disparaissent peu à peu pour faire place au latin. La religion des celtes sombre dans l'oubli avec la mort des derniers druides. Les dieux gaulois prennent l'aspect des dieux romains; Sucellus devient Jupiter et ainsi de suite. Les élites gauloises sont intégrées à l'administration de la Gaule et prennent souvent des noms romains. La population deviendra assez rapidement gallo-romaine.

Aujourd'hui, à l'exception de la Bretagne, les cultures celtes ont disparus de l'Europe continentale. Quelques-unes survivent encore dans les îles britanniques comme le gallois (au Pays de Galles) et le gaélique (en Irlande).




Bibliographie:

BERNARD, Charlotte, MEUNIER, Claude, REGARD D'AUJOURD'HUI: CÉSAR & ROME, Fontaine-Mango, Paris, 1995.

CUNLIFFE, Barry, L'UNIVERS DES CELTES, Bibliothèque de l'Image, Lucerne, 1993.

ÉLUÈRE, Christiane, L'EUROPE DES CELTES, Gallimard-Musées Nationaux, Paris, 1992.

THEVENOT, Émile, HISTOIRE DES GAULOIS, Que sais-je?, Presses Universitaires de France, Paris, 1971.



Prélude - Avant le Québec

Les peuples amérindiens

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