soldats guerres et conscriptions



28 juin 1914 : L'archiduc d'Autriche est assassiné à Sarajevo. Cet événement déclenche une série d'événements qui mèneront à la Première guerre mondiale.

4 août 1914 : Suite à l'invasion de la Belgique, la Grande-Bretagne déclare la guerre à l'Allemagne. Ottawa vote pour l'institution d'une armée militaire et octroie à cette fin 50 millions de dollars. On ouvre un camp militaire à Valcartier.

3 octobre 1914 : Un premier bataillon de 32 000 Canadiens est envoyé en Europe.

20 octobre 1914 : Les autorités militaires décident de fonder une unité militaire pour les francophones. On la baptisa «22nd French-Canadian Battalion». Les soldats du 22nd participèrent à plusieurs batailles de la Première guerre mondiale, dont celles du Mont Sorrel, d'Amiens et de Vimy. Après sa dissolution le 19 mai 1919, on réorganisa l'unité sous le nom de «22nd Regiment» et elle fut incorporée à la milice active permanente canadienne le premier avril 1920. Elle reçut finalement son appelation française de «Royal 22e Régiment» le 15 juin 1928.

1916 : L'armée canadienne compte 12 000 volontaires québécois soit 4,5% du total.

La Première guerre mondiale en Europe se transforme en guerre de tranchées et la Grande-Bretagne a besoin de nouveaux soldats. La plupart des Canadiens anglophones sont d'avis que si la Grande-Bretagne est en guerre, le Canada l'est aussi et doit fournir à la demande. Les francophones, dont Henri Bourassa, s'opposent en majorité à la conscription et veulent que le Canada agisse comme un pays indépendant et non pas comme une colonie britannique.
Red Ensign
Le «red ensign», ancien drapeau canadien


4 avril 1917 : Lors de la bataille de Vimy, 3600 Canadiens sont tués.

28 août 1917 : Sans tenir compte de l'opposition des Québécois, le gouvernement Borden vote le «Military service Act» qui rend le service militaire obligatoire pour tous les sujets britanniques mâles du Canada, âgés entre 20 et 25 ans. Des manifestations ont lieu à travers le Québec

Borden
Robert Borden
12 octobre 1917 : Le débat de la conscription déchire le Parti libéral. Le Premier ministre conservateur Robert Borden réussit à convaincre des libéraux mécontents de venir s'allier à lui pour former un gouvernement unioniste. Le chef de l'opposition, Wilfrid Laurier, refuse de se joindre à la coalition. Pour la première fois de l'histoire, AUCUN francophone ne fait partie du cabinet. De cette façon, même si tous les députés québécois votent en bloc contre la conscription, Borden s'assure une victoire.

20 septembre 1917 : Craignant que la conscription nuise à sa réélection, le gouvernement Borden adopte une loi qui enlève le droit de vote à tous les citoyens nés dans un pays ennemi.

17 décembre 1917 : Borden remporte les élections sous la bannière unioniste malgré le Québec qui vote contre lui en bloc (à l'exception de trois circonscriptions anglophones de Montréal). Une fois de plus, il exclut tout Québécois de son cabinet. À Québec, le débat sur la conscription divise les élus, francophones d'un côté, anglophones de l'autre. La crise est telle que le député Joseph-Napoléon Francoeur propose que le Québec se sépare de la fédération canadienne.

2 avril 1918 : Lors d'une manifestation anti-conscription à Québec, l'armée ouvre le feu sur la foule tuant ainsi 5 personnes et en blessant 70. La police en arrête 58 autres. Le gouvernement Borden suspend les droits civils et plusieurs citoyens sont emprisonnés sans procès.

30 octobre 1918 : La guerre se termine avec l'armistice. Deux membres du «22nd French-Canadian Battalion», le Caporal Joeseph Kaeble et le Lieutenant Jean Brillant se méritent la croix de Victoria suite à la bataille d'Amiens.
La Presse


Après la guerre, le Canada devindra progressivement un état distinct de la Grande-Bretagne, siégeant aux négociations de paix et signant le traité de Versailles en tant que pays indépendant.

1919 : Le Canada devient un membre indépendant de la Ligue des Nations.

1923 : Le Canada signe son premier traité international, un traité de pêche avec les États-Unis.

Hitler
Adolf Hitler
1931 : Avec le Statut de Westminster, le Canada obtient finalement pleine autonomie sur ses politiques internes et externes. Le «Privy Council» de Londres demeure toutefois le plus haut tribunal du pays.

1er septembre 1939 : L'Allemagne de Hitler envahit la Pologne.

3 septembre 1939 : La Grande-Bretagne déclare la guerre à l'Allemagne.

10 septembre 1939 : Le Canada déclare la guerre à l'Allemagne et commence à envoyer des troupes en Europe. Une majorité de Québécois refusent d'aller se battre. Craignant de diviser le pays et de perdre des votes, le Premier ministre canadien Mackenzie King promet au Québec lors des élections de 1939 qu'il n'y aura pas de conscription obligatoire et que la participation du Canada se fera sur une base volontaire. Il déclare toutefois que les citoyens doivent s'enregistrer.

1940 : Le maire de Montréal, Camilien Houde, est arrêté pour s'être opposé publiquement à l'enregistrement des citoyens, ce qu'il voit comme un premier pas vers la conscription. Il est emprisonné sans procès pendant quatre ans au camp de concentration de Petawawa. Seul parmi les espions, les fascistes et les ressortissants ennemis, Houde est affecté à la coupe du bois pour le chauffage du camp. Il refuse de se rétracter et demeure fidèle à lui-même jusqu'au bout.

Janvier 1941 : Les effectifs volontaires de l'armée canadienne comptent 125 000 hommes, dont 50 000 Québécois.
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Affiche de recrutement


9 janvier 1941: Le cardinal Villeneuve, archevêque de Québec, prend parti pour la politique de guerre du gouvernement Mackenzie-King. En collaboration avec le service de propagande fédéral, il organise une journée de mobilisation qui vise à donner au conflit des allures de guerre sainte. Le discours de Villeneuve suscite une forte opposition chez les Canadiens français et provoque une vague d'anticléricalisme, 19 ans avant la Révolution Tranquille!

1942 : La guerre dure plus longtemps que pévu et on manque de volontaires. L'armée canadienne met beaucoup de pression sur Mackenzie King pour qu'il déclare la conscription.

Février 1942 : Le chef du parti libéral canadien et chef de l'opposition, Richard Hanson, réclame une conscription immédiate. Mackenzie King se retrouve coincé, il doit trouver un moyen de se libérer de sa promesse. Il annonce la tenue d'un plébiscite.

Un groupe de personnalités québécoises dont André Laurendeau, Georges Pelletier qui est directeur du journal Le Devoir, Jean Drapeau et Michel Chartrand fondent la «Ligue pour la défense du Canada». Ils parcourent le Québec pour inciter la population à voter NON au plébiscite. Le 11 février, la Ligue tient sa première assemblée publique au marché Saint-Jacques de Montréal. Parmi les 10 000 participants se glisse une poignée de soldats anglias provocateurs qui clament: "This is an English country! These French Canadians should speak English!" Des bagarres éclatent entre participants, soldats et policiers.

André Laurendeau est chargé par la Ligue d'obtenir le droit de parole sur les ondes de Radio-Canada. On lui répond finalement que les adversaires de la conscription n'auront pas droit aux ondes publiques. La Ligue devra donc se payer du temps d'antenne sur les stations privées alors que les partisans du OUI utilisent gratuitement les ondes publiques. Situation plutôt ironique pour un pays qui veut envoyer ses jeunes hommes mourir pour "la liberté et la démocratie"!

Mackenzie King
Lyon Mackenzie King
27 avril 1942 : Le plébiscite pose la question suivante aux Canadiens : «Consentez-vous à libérer le gouvernement de toute obligation résultant d'engagements antérieurs restreignant les méthodes de mobilisation pour le service militaire?» 71,2% des Québécois répondent NON mais les 8 autres provinces donnent une majorité de 63,7% au OUI. Il y aura donc conscription, que le Québec le veuille ou non.

19 août 1942 : 4693 Canadiens participent au débarquement de Dieppe. Le but de ce raid est de tester les défenses allemandes sur les côtes françaises. Vers 3h47, les soldats sont interceptés par les Allemands. Lors du combat qui s'ensuit, 2753 Canadiens sont tués et 617 blessés. Une véritable boucherie. L'opération est un horrible échec. Cliquez ici pour en savoir plus.

Septembre 1942 : Fondation du «Bloc populaire canadien» par Maxime Raymond, un parti fédéral qui réunit les opposants de la conscription. André Laurendeau en devient le secrétaire.


9 novembre 1942 : Un sous-marin allemand est aperçu près de New Carlisle en Gaspésie.

10 juillet 1943 : Les soldats canadiens prennent d'assaut la Sicile avec une importante flotte. Le 14 décembre, le Major québécois Paul Triquet du Royal 22e Régiment perd plus de la moitié de sa compagnie lors de la bataille de Casa Berardi. Triquet choisit la contre-attaque plutôt que la fuite. Accompagné de seulement 15 hommes, Triquet réussit à détruire les tanks et les armes automatiques des Allemands et tient la ville jusqu'à l'arrivée des renforts le lendemain. Il fut récompensé de la Croix de Victoria. Le 17 août, la Sicile entière est soumise, une victoire qui aura coûté la vie à 2434 Canadiens. L'Italie capitule le 8 septembre.

14 août 1943 : Conférence de Québec entre Winston Churchill et Franklin Roosevelt.

12 mai 1944: La GRC ouvre le feu et abat Georges Guénette, un jeune conscrit déserteur en fuite. Réfugié chez son père, le jeune homme de 24 ans tentait de s'enfuir par une fenêtre pour échapper aux policiers. Malgré les avertissements de ces derniers, il continue de courir. Il est abattu de sept balles dont une en plein coeur. L'enquête subséquente révéla que les policiers n'étaient pas autorisés à tirer dans ce cas et des témoins révélèrent que les policiers auraient pu rattraper Guénette sans utiliser leurs armes. La sombre affaire fut dénoncée avec fureur dans les journaux francophones.

1944 : 13 000 conscrits sont envoyés au front en Europe. Plusieurs milliers de francophones se retrouvent intégrés à des bataillons anglophones. Avec le débarquement de D-DAY, 1017 soldats canadiens ont été tués au combat et 1814 blessés. Plusieurs prisonniers sont assassinés par l'armée allemande. Lors de l'opération Goodwood/Atlantic, sous une pluie intense, deux compagnies des Fusiliers Mont-Royal sont massacrées. Le 19 juillet, lors de la contre-attaque allemande, 60% des Fusiliers Mont-Royal tombent en 10 minutes.

14 avril 1945 : Les soldats canadiens occupent Arnhem. C'est la libération des Pays-Bas.

2 mai 1945 : Berlin capitule. L'armistice est signée le 7 mai dans une école de Reims. La contribution du Québec à l'effort de guerre n'aura pas été négligeable: 19% de l'effectif militaire (il avait été de 12% lors de la Première Guerre Mondiale). Quand à l'effort financier, le Québec a contribué aux emprunts de guerre avec 715 millions de dollars, dépassant ainsi l'objectif qu'on lui avait fixé. Aucun militaire québécois ne fut accusé de trahison.

6 août 1945 : Les Américains lancent la première bombe atomique de l'histoire sur Hiroshima causant la mort de 75 000 personnes. Une seconde bombe est larguée sur Nagasaki le 9 août.

2 septembre 1945 : Capitulation du Japon et fin de la guerre.



19 août 1942: débarquement de Dieppe

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