ALDÉBARAN


Voilà vraiment une des séries de BD les plus réussies qu'il m'ait été donné de lire. Aldébaran vous tiendra dans le suspense et l'émerveillement le plus complet du début du premier jusqu'à la fin du cinquième tome. Si vous êtes un amateur de science-fiction, alors voici un incontournable qui ne vous laissera pas sur votre faim! Les personnages sont d'un réalisme sans faille. La flore et la faune, malgré leur extraordinaire originalité, sont d'une plausibilité renversante. Le formidable auteur et artiste Leo signe seul cette captivante saga qui se déroule dans un avenir pas si lointain…

La prémisse


En 2047, les humains ont finalement découvert une planète semblable à la Terre. Il s'agit de la quatrième planète de l'étoile Aldébaran dans la constellation du Taureau. En 2079, les premiers colons font leur arrivée sur cette planète à 64 années-lumière de la Terre. Malgré des débuts prometteurs, en 2084 c'est la catastrophe. Un astronef disparaît pendant sa trajectoire, entraînant dans la mort 2500 personnes. Tous les vols transluminiques sont dès lors suspendus. Peu après, le satellite de communication qui assurait le contact avec la Terre tombe en panne. La colonie se retrouve isolée et complètement livrée à elle-même. Elle évolue dès lors en vase clos.

L'histoire commence…


Nous sommes maintenant 100 ans plus tard sur la lointaine colonie abandonnée. Les pouvoirs militaires, politiques et religieux d'Aldébaran ne font plus qu'un et les habitants vivent sous le joug sévère de cette élite totalitaire. La vie y est toutefois paisible. Mais des choses étranges se produisent dans un tout petit village de pêche côtier nommé Arena Blanca. Des animaux marins qui vivent d'habitude dans les profondeurs de l'énorme océan de la planète viennent soudain mourir sur la plage, les poissons hier abondants disparaissent subitement, la mer elle-même semble se comporter comme une entité vivante. Puis, c'est le désastre et le petit village est complètement anéanti. Deux jeunes survivants, Marc et Kim, deviennent d'abord des vagabonds puis des fugitifs des forces de l'ordre. Arriveront-ils à percer le mystère de cet être étrange qui a détruit leurs familles et leur village et qui semble changer de forme à sa guise?

Les personnages
Marc et Kim À 17 ans, Marc Sorensen est fils de pêcheur. Il vit à Arena Blanca depuis toujours mais rêve de la grande capitale: Anatolie. Kim Keller a 13 ans et habite également dans le paisible petit village. Elle est vive d'esprit, intelligente et très clairvoyante pour son âge. Les deux personnages ont bien peu en commun, à part leur désir de vivre dans la grande ville. En fait, ils se tapent carrément sur les nerfs. Mais le destin a parfois plus d'un tour dans son sac et la diversité sait parfois transformer l'animosité en une solide amitié ou même éventuellement… en amour?
Lorsqu'on regarde Alexa Komarova, on lui donnerait une trentaine d'années. En fait, comme c'est souvent le cas, les apparences sont bien trompeuses. La belle biologiste est en fait bien plus vieille qu'on ne pourrait l'imaginer. Elle partage un mystérieux lien avec la créature baptisée "mantrisse", laquelle serait peut-être responsable de la destruction d'Alena Blanca? Une chose est certaine, Alexa est activement recherchée par les autorités coloniales. On veut à tout prix mettre la main sur ses vastes connaissances. Capturée, son destin se verra alors irrémédiablement mêlé à celui de Marc et de Kim. Alexa

Loomis Grand prêtre et sous-commandant des forces de police, monseigneur Loomis est un homme cruel et impitoyable. Il est aux trousses d'Alexa et de son ami Driss Shediac depuis des années et aucun obstacle ne peut le dissuader dans sa chasse. Il en veut aussi à Marc, complice dans l'évasion de la belle scientifique. Ce geste de compassion coûtera cher aux deux jeunes adolescents. Pour Marc ce sera la prison et les interrogatoires brutaux. Et pour Kim?


La faune


Comme si l'excellent scénario, les personnages si attachants et les superbes dessins n'étaient pas suffisants, Leo nous gâte encore davantage en nous offrant une faune et une flore extra-terrestre à la fois renversante et pourtant incroyablement plausible. C'est là que l'imagination de l'auteur rivalise avec son génie. Voici quelques-unes des créatures les plus originales et intéressantes sorties tout droit de l'imagination de Leo.

Il n'y a pas de dauphins ni de baleines sur Aldébaran, mais plusieurs créatures marines ne sont pas sans nous les rappeler. L'une d'elle est le "nestor". Cet étrange animal ressemble un peu à une anguille munie deux longs bras antérieurs comportant trois doigts chacun. Ces animaux ne s'observent pas facilement puisqu'ils ne s'éloignent jamais de leurs bancs d'algues en haute mer. Pour quelle raison celui-ci serait-il donc venu suffoquer sur la plage d'Arena Blanca, à des kilomètres de son habitat naturel? le nestor
les javelots Il ne faut pas se fier à l'apparence gracile et majestueuse de ses oiseaux car il s'agit en réalité de dangereux carnivores. Baptisés "javelots" par la population, ils survolent les hauts plateaux à la recherche d'une proie. Lorsqu'une victime apparaît, ils plongent subitement et enfoncent leurs gigantesques cornes dans sa chair pour ensuite lui sucer chaque goûte de son sang. Mais pour quiconque est assez fou pour se mesurer à eux, les cornes de javelots valent leur pesant d'or.
Si les plages d'Aldébaran sont nombreuses et superbes, elles ne sont pas sans danger. Ce "poulpe des sables" est capable de reproduire l'apparence des créatures qu'il aperçoit avec son corps mou et gélatineux. C'est seulement une fois que la proie s'est suffisamment approchée que le poulpe révèle sa vraie nature. Ses tentacules jaillissent du sable chaud pour s'enrouler autour de son dîner et le hisser vers sa gueule béante. Son prochain repas sera-t-il la petite Kim? poulpe des sables
caravelle Les habitants d'Aldébaran ont toutefois su apprivoiser certains animaux natifs de leur planète d'adoption. Cette "caravelle" en est un exemple. Le métabolisme de cet énorme animal est capable de produire de l'hélium qu'il emmagasine ensuite dans l'énorme ballon sur son dos. Il est possible d'extraire un peu du précieux gaz sans blesser l'animal. Malgré son visage terrifiant et sa taille imposante, la caravelle est en fait l'un des animaux les plus pacifiques et les plus inoffensifs de la planète.
Si la plupart des écosystèmes terrestres d'Aldébaran sont en général assez sécuritaires pour des humains prudents, on ne peut pas en dire autant des grands marécages. Peuplés de créatures aussi énormes que dangereuses, personne n'est assez fou pour s'y aventurer, à moins d'avoir à sa disposition un engin volant. Ces énormes monstres carnivores qui infestent les rivières des marais dévorent tout ce qui leur tombe sous la dent. Par chance, leur intelligence est très limitée. monstre des marais


les théodores Pour survivre à cet environnement qui ne pardonne pas, il faut être blindé comme un tank. C'est exactement le cas de ces "théodores", parfaitement adaptés à la survie dans les marais. Leur corps est recouvert de plaques épaisses et de longs pics aiguisées. C'est là le seul et l'ultime moyen de défense de ces pacifiques créatures herbivores qui ne s'aventurent dans les marais que pour y pondre leurs œufs. Le dos d'un théodore serait d'ailleurs le seul endroit vraiment sécuritaire pour un humain égaré dans l'enfer des marais.


Mais aucune créature n'est vraiment en sécurité dans les cauchemardesques marécages d'Aldébaran. Ce gigantesque et rarissime "éleuthère géant" est enraciné sur place parmi les arbres qui l'entourent et le traversent. Mais malheur à quiconque oserait s'en approcher. Capable d'étirer son cou de façon surprenante, il referme alors sa monstrueuse gueule autour de sa proie et peut faire éclater les os et les plaques osseuses les plus solides. Même les théodores ne sont pas à l'abris du roi des marais. éleuthère géant
parmi les grégoires La planète Aldébaran est presque entièrement recouverte d'eau et ses vastes océans regorgent de vie. Cet écosystème demeure encore peu connu des scientifiques et ses profondeurs insondables renferment encore bien des secrets. La plus mystérieuse de toutes les créatures vivantes est sans nul doute la "mantrisse". Cette entité semble en effet, tout au long d'un cycle qui dure 10 ans, changer de forme à plusieurs reprises. L'une de ses formes serait non pas un mais tout un troupeau de "grégoires", ces belles créatures blanches et noires aux corps effilés. Mais on ne les observe que très rarement, à tous les 10 ans, comme bien d'autres créatures qui semblent remplacer les précédentes dans un étrange cycle.
Mais la forme ultime que la mantrisse emprunte au terme de son cycle est celle d'une énorme structure composée uniquement d'eau solidifiée. Cette structure étrange semble douée d'une intelligence supérieure. Elle est capable de se défendre contre ses ennemis et de récompenser ceux qu'elle considère des amis. Son cadeau est une étrange gellule qui, lorsqu'on l'absorbe, semble mettre au terme au vieillissement et décuple la rapidité de guérison, peu importe la gravité de la blessure. Mais les intentions et la véritable nature de la mantrisse demeurent une énigme enrobée de mystère. la mantrisse


Les cinq tomes d'Aldébaran sont tous plus excellents les uns que les autres. Mais l'aventure ne s'arrête pas là... l'humanité s'aventure ensuite sur une seconde planète: Bételgeuse. Cliquez ici pour connaître la suite.




La saga continue dans BÉTELGEUSE

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